Le Cercle, Dave Eggers
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Le Cercle, Dave Eggers

29 décembre 2017

Quatrième de couverture

Quand Mae Holland est embauchée par le Cercle, elle n’en revient pas. Installé sur un campus californien, ce fournisseur d’accès Internet relie les mails personnels, les réseaux sociaux, les achats des consommateurs et les transactions bancaires à un système d’exploitation universel, à l’origine d’une nouvelle ère hyper-numérique, prônant la civilité et la transparence. Alors que la jeune femme parcourt les open-spaces, les immenses cafétérias en verre, les dortoirs confortables pour ceux qui restent travailler le soir, la modernité des lieux et l’intense activité la ravissent. On fait la fête toute la nuit, des musiciens célèbres jouent sur la pelouse, des activités sportives, des clubs et des brunchs sont proposés, et il y a même un aquarium contenant des poissons rares rapportés par le P. -D. G. Mae n’en croit pas sa chance de travailler pour l’entreprise la plus influente qui soit – même si le campus l’absorbe entièrement, l’éloignant de plus en plus de ses proches, même si elle s’expose aux yeux du monde en participant au dernier projet du Cercle, d’une avancée technologique aussi considérable qu’inquiétante. Ce qui ressemble d’abord au portrait d’une femme ambitieuse et idéaliste devient rapidement un roman au suspense haletant, qui étudie les liens troubles entre mémoire et histoire, vie privée et addiction aux réseaux sociaux, et interroge les limites de la connaissance humaine.

Titre: Le Cercle
Auteur: Dave Eggers
Parution: 2013
Maison d’édition: Editions Folio
Pages: 567

Avis: ♥♥♥♥(très bonne lecture)

 

 

Le Cercle, quel avenir numérique nous réserve-t-on ?

Le Cercle fait parti des ouvrages que j’aime m’aventurer à lire. Ce genre de roman où il n’y a pas seulement du suspense et une histoire haletante, mais aussi une prise de conscience, une prise de position de la part de l’auteur qui dénonce ce qui lui semble juste et important.

Avec un sujet brûlant comme celui de notre présence numérique et de nos comportements d’utilisateurs des médias sociaux, Dave Eggers ne pouvait choisir un meilleur thème pour capter mon attention.

Avec Le Cercle, la jeune Mae n’a pas eu autant de recul et de détachement. Elle a foncé tête baissée dans le monde numérique et à partager dans le flux l’ensemble de ses faits et gestes. Alors que l’entreprise du Cercle se présente comme révolutionnaire, à la recherche d’un monde meilleur et transparent, la confidentialité et l’anonymat deviennent illégaux.

Sous couvert d’appeler à la générosité, au partage d’expérience et du savoir, Le Cercle devient le propriétaire de milliards de données monnayables pour le compte d’autres entreprises. En investissant dans la consommation, la sécurité, l’éducation, l’environnement, la santé et la politique, Le Cercle se referme petit à petit pour contrôler l’ensemble des secteurs de la société. S’imposant comme le nouveau Big Brother, Le Cercle est devenu un acteur indispensable, incontrôlable et inévitable dans la vie des citoyens et gare à qui voudrait freiner son ascension…

Le Cercle est une lecture haletante qui fait froid dans le dos car on sait que l’on tend vers ce genre de société avec les grands groupes tels que Google, Facebook et Amazon sont en train de dessiner pour nous… La tyrannie du numérique s’infiltre et la protection de nos données personnelles devient de plus en plus difficile.

A voir Mae s’engouffrer dans ce système et approuver chaque décision des trois sages du Cercle sans aucune remise en question, et être totalement absorbée et influencer par l’avis de ses milliers de watchers qui la suivent en direct, on ne peut qu’être horrifié par le manque de discernement et de pensée individuelle de la jeune femme. Alors que tout son monde réel s’effondre, Mae continue de croire au Cercle.

La léthargie. Voilà comment le numérique arrive à nous consumer : en transformant notre cerveau en matière léthargique et malléable, influençable selon les critiques et avis des autres, alors qu’en façade ils prônent l’éveil de l’individu et de sa pensée critique personnelle. Car oui, on sait bien qu’il est plus simple de manipuler les foules…

•֍•

Le Cercle est un chef-d’oeuvre. Je pense qu’il aura une résonance particulière pour les années à venir ou qu’il sera même censuré si jamais notre société devient comme celle que dépeint Dave Eggers ! Si l’absence de chapitre m’a d’abord déroutée, il est aussi le symbole de cette submersion d’informations dont nous sommes victimes, happés par le flux. Le Cercle devient alors une lecture en continue, puissante telle l’influence du Cercle lui-même. Une lecture que je recommande vivement !

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