Une Fille Parfaite, Mary Kubica
En Lettres de Papier | Policier & Thriller

Une Fille Parfaite, Mary Kubica

24 septembre 2017

Quatrième de couverture

« Je la suis depuis plusieurs jours. Je sais où elle fait ses courses, où elle travaille. Je ne connais pas la couleur de ses yeux, l’intensité de son regard quand elle a peur. Mais je le saurai bientôt. »

Incapable de dire non au séduisant et énigmatique inconnu qu’elle vient de rencontrer dans un bar, Mia Dennett, jeune héritière d’une des familles les plus en vue de Chicago,  accepte de le suivre jusqu’à chez lui. Sans savoir qu’elle a commis une grave erreur. Et qu’après ce soir-là rien, jamais,  ne sera plus comme avant.

Titre: Une Fille Parfaite
Auteur: Mary Kubica
Parution: novembre 2016
Maison d’édition: Harper Collins Poche
Pages: 512

Avis: ♥♥♥♥(très bonne lecture)

 

 

Une Fille Parfaite, un thriller captivant jusqu’au bout

Une Fille Parfaite m’a d’abord attirée par son titre mais aussi sa couverture. Un visage féminin aux très fins, un teint de porcelaine, des cheveux blonds et des yeux bleus. On pourrait presque l’imaginée avec ses nattes tressées de rubans, sautillant entre terre et ciel à la marelle. Un petit ange. Une fille parfaite, en somme.

Ce thriller palpitant de Mary Kubica est tout simplement grandiose ! Un vrai suspense, une énigme qui nous tient en haleine jusqu’au bout.

Les chapitres alternent entre avant et après la disparition de Mia Denett qui lance comme un cheveu sur la soupe qu’elle s’appelle “Chloé”. Oui c’est comme ça avec La Fille Parfaite, des informations distillées au compte-goutte comme les pièces manquantes d’un puzzle géant. Et seule la suite de la lecture pour répondre à nos questions les plus pressantes.

Une disparition de trois mois. Trois mois que Mia a oublié. Et cette énigme est racontée à travers les pensées de Ève, sa mère, Gabe, l’inspecteur chargé de l’affaire et de Colin, son kidnappeur. Nous n’avons aucune perspective de lecture depuis le personnage de Mia. Elle nous laisse dans un noir aussi complet que sa mémoire face à ce qu’elle a vécu. Et c’est captivant…

 

Jour après jour, Mia et Colin s’évitent. Si la promiscuité règne dans cette petite cabane pourrie et gelée qui leur sert d’abris, le silence y est roi. Une atmosphère cristallisée, suspendue où seul le bruit des boîtes de conserve qu’on entrechoque et de la vaisselle sale qu’on laisse échouer dans l’évier résonnent.

Et puis, les langues se délient. Au fil des pages, on en apprend davantage sur la vie, les émotions et le passé de Colin. On découvre pourquoi il a enlevé Mia. Pour l’argent évidemment. Il raconte à Mia son enfance dans un milieu social miteux, son adolescence passée à s’occuper de sa mère malade et sa seule ambition de ne pas tomber plus bas qu’il ne l’est déjà. Et c’est d’ailleurs pour une de ces raisons qu’il n’a pas livré Mia aux mains d’un certain Dalmar. Dealer, extorqueur, mais pas tueur. Colin ne cherche pas pour autant d’excuses ni de compassion. Mais le décalage social entre Mia et Colin est palpable.

Finalement, on sait très peu de chose sur ce qui traverse l’esprit de Mia. Ce qu’elle ressent, ce qu’elle imagine, ce qu’elle pense de la situation, de Colin, de cette escapade au fin fond du Minnesota gelé et qui aurait bien fini par avoir leurs peaux. Son silence la rend énigmatique. Et on crève d’envie d’en savoir plus.

A Chicago, Ève attend désespéramment sa fille. Sa fille parfaite, mouton noir de la famille qui a rejeté en bloc les aspirations que son père avait pour elle. Sa fille parfaite car la seule à aimer la vie, à prendre en considération les autres et à avoir assumé ses choix. La famille Denett est une forteresse. Et Mia s’en était échappée. Alors, Ève se remémore des souvenirs, pas toujours joyeux au sein de cette famille bourgeoise. Un père, juge, détaché et blasé dont seule la réputation compte. Une seconde fille avocate, snobe et hautaine. Ève semble être la seule à ce soucier de cette disparition. Et à son retour, elle est encore une fois la seule à s’occuper de sa fille parfaite. A travers Ève transparaît tout l’amour, bien que maladroit, d’une mère pour son enfant mais elle apparaît comme le personnage le plus désarmé et impuissant.

•֍•

Une Fille Parfaite est un thriller psychologique lent, doux et brutal à la fois qui nous tient en haleine grâce à l’alternance d’un avant/après menée à trois voix. Nous savons que Mia va “bien” malgré l’amnésie, sa dépression, sa prosternation, mais que s’est-il passé pour qu’elle soit la cible d’un enlèvement ? Pourquoi elle ? Seuls les derniers mots de ce thriller répondront à cette question.

A travers Une Fille Parfaite sont aussi abordés les thèmes des relations parents-enfants, de la solitude, de la misère visible d’une classe sociale pauvre en opposition aux non-dits et aux blessures d’une famille bourgeoise. Ce roman palpitant, m’a tenue en haleine jusqu’au bout et la fin est tout simplement brillante.

Pour ceux qui ne sont pas adeptes des thrillers glauques, noirs et sanguinaire, La Fille Parfaite répondra à votre curiosité du genre.

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