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La dernière des Stanfield, Marc Lévy

22 avril 2017

Quatrième de couverture

Ma vie a changé un matin alors que j’ouvrais mon courrier. Une lettre anonyme m’apprenait que ma mère avait commis un crime trente-cinq ans plus tôt. L’auteur de cette lettre me donnait rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore et m’ordonnait de ne parler de cette histoire à personne. J’avais enterré Maman à Londres au début du printemps ; l’été s’achevait et j’étais encore loin d’avoir fait mon deuil. Qu’auriez-vous fait à ma place ? Probablement la même erreur que moi.

Eleanor-Rigby est journaliste au magazine National Geographic, elle vit à Londres. Un matin, en rentrant de voyage, elle reçoit une lettre anonyme lui apprenant que sa mère a eu un passé criminel.
George-Harrison est ébéniste, il vit dans les Cantons-de-l’Est au Québec. Un matin, il reçoit une lettre anonyme accusant sa mère des mêmes faits.
Eleanor-Rigby et George-Harrison ne se connaissent pas. L’auteur des lettres leur donne à chacun rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore. Quel est le lien qui les unit ? Quel crime leurs mères ont-elles commis ? Qui est le corbeau et quelles sont ses intentions ?
Au cœur d’un mystère qui hante trois générations, La Dernière des Stanfield nous entraîne de la France occupée à l’été 44, à Baltimore dans la liberté des années 80, jusqu’à Londres et Montréal de nos jours.

La dernière des Stanfield • Marc LevyTitre: La dernière des Stanfield
Auteur: Marc Lévy
Parution: avril 2017
Maison d’édition: Robert Laffont
Pages: 544

 

Avis: ♥♥♥♥♥ (très bonne lecture)

 

A cette période de l’année, j’aime à voir Marc Lévy faire paraître son roman annuel car cela signifie que les beaux jours reviennent!

A Marc Lévy je dois dire merci.

Merci de faire parti de nos vies de lecteurs et de contribuer à notre bonheur le temps de quelques pages. L’évasion offerte équivaut à un voyage autour du monde et cela n’a pas de prix.

Alors ce weekend j’ai évidemment dévoré le dernier né aux Editions Laffont: La dernière des Stanfield et comme toujours ce fut un véritable régal.
 

La dernière des Stanfield, une histoire montée avec brio

Entre amour, vengeance, mensonges et non-dits, le dernier Marc Lévy nous plonge au cœur d’un secret de famille qui prend racine plus de 70 ans en arrière, en plein milieu de la Seconde Guerre Mondiale.

Remontant sur trois générations et s’étalant sur deux continents de Londres à Baltimore en passant par New-York, Québec et Montauban, le jeu de piste familial nous tient en haleine jusqu’au bout.

Eleanor-Rigby (réfèrence à la chanson des Beatles), journaliste au National Geographic, reçoit un matin d’automne une lettre anonyme lui apprenant qu’elle ne connait rien au passé de sa mère décédée au printemps dernier, et que celui-ci était plus sombre qu’il ne laissait à penser.

Je n’ai connu que le meilleur et il faut qu’un salopard anonyme suscite ma curiosité en évoquant le pire pour que je m’intéresse enfin à toi? C’est pour ça que tu as voulu garder tes secrets? A cause de l’égoïsme de ta fille? Je me vantais auprès de mes copines que tu étais ma meilleure amie, je les rendais folles de jalousie en leur racontant que je pouvais tout te dire, tout te confier, mais toi, tu n’as rien su me dire, parce que je n’ai jamais frappé à ta porte pour que tu te livres à moi, parce que je voulais que chacun de nos moments me soit réservé.

 
Ce même corbeau lui donne alors rendez-vous à Baltimore au Sailor’s Café où sa rencontre avec un certain Goerge-Harrison signe le début d’un enquête haletante et déterminée.

La narration répartie en trois récits spacio-temporels différents ne fait qu’ajouter de l’intrigue au suspense. Au cœur de celui-ci deux femmes, May et Sally-Anne, occupent une place prépondérante. Hommage à la bravoure et à la détermination de leurs caractères, c’est aussi leur fierté et orgueil qui seront responsables du drame qui se joue.

Elles nous embarquent alors aux Etats-Unis où à l’époque libertaire des années 70-80 la fougue d’une jeunesse désabusée et utopique luttent passionnément pour défendre l’émancipation de la femme, la liberté des corps et contre l’injustice sociale, raciale et religieuse.

L’air du temps fleurait bon la liberté, Sally-Anne avait cessé d’embrasser les garçons pour embrasser de nobles causes. Son pays qui se targuait d’être celui des libertés avait pratiqué l’esclavage, auquel avait succédé la ségrégation, et seize ans après la promulgation des lois de 1964, les mentalités n’avaient guère évolué. Après les Noirs, c’était au tour des femmes de se battre pour leurs droits, et leur combat serait de longue haleine.

 
Tandis que le récit de Hanna et Robert se situant en pleine guerre mondiale dévoile une atmosphère pensante et déchirante. Une écriture laconique laisse transparaître la douleur et la résignation face aux atrocités commises. C’est aussi là que se dépeint la faiblesse d’un homme, sa lâcheté, ses peurs et ses turpitudes; au contraire de la force d’une jeune femme souhaitant sauver l’honneur de son nom et de son héritage.

Les dessous d’une fortune qui aura permis l’acquisition d’un statut social tour à tour perdu, retrouvé et rejeté sera l’élément central de cette énigme familiale contée comme un polar. Cette fortune reposant sur la possession de plusieurs œuvres d’art majeures, m’aura remémoré un laps de temps le scénario de Monuments Men et la nécessité de protéger la liberté de l’art face au totalitarisme destructeur.

•֍•

On sent dans la plume de Marc Lévy comme un hommage à la gente féminine qui est décrite avec sérénité et authenticité dans toutes ses facettes, de la plus vengeresse à la plus aimante. Mais c’est aussi un récit appelant à la tolérance et à l’acceptation de l’autre au sein d’une même famille. Les tensions, les reproches et les non-dits qui s’insinuent entre chaque être pour finalement les éloignés trop souvent d’eux-même. Mais le pardon trouve son chemin dans un amour souvent bien plus fort que les liens du sang.

Et vous, qu’avez-vous pensez de ce roman ? Et si vous ne l’avez pas encore lu, souhaitez-vous le lire ?

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