L'amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder
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L’amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder

15 décembre 2017

Quatrième de couverture

« La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre. »

Titre: L’amour dure trois ans
Auteur: Frédéric Beigbeder
Parution: 1997
Maison d’édition: Editions Folio
Pages: 194

Avis: ♥♥♥♥♥ (bonne lecture)

 

 

L’amour dure trois ans, ou le portrait cynique d’un frustré émotionnel

L’amour dure trois ans a beaucoup fait parlé de son auteur, Frédéric Beigbeder, notamment lors de la sortie de son adaptation cinématographique en 2012. J’ai donc abordé ce court roman avec distance et retenue comme pour protéger mes espérances dans l’espèce humaine et notre capacité à aimer !

Frédéric Beigbeder ou Marc Marronnier est le stéréotype même de l’homme que je déteste : cynique, vulgaire, dragueur, obscène. Derrière cette carapace qu’il s’est forgé au cours de nombreuses soirées parisiennes bien arrosées, il se pense âme romantique refoulée, dénigrée… S’il dénonce ces événements d’apparat où tout est dans le paraître et le superficiel, il ne connait que ça depuis sa jeunesse dorée à la capitale et ne semble pas vouloir s’en défaire. Bref, le petit parisien arrogant qu’on a envie de gifler à chaque fois qu’il ouvre la bouche !

L’amour dure trois ans est un concentré des stéréotypes vécus, évités ou idolâtrés des relations amoureuses et amicales au cœur de Paris. Un monde de petit bourgeois ne connaissant pas grand chose de l’existence exceptés la facilité de l’argent, du nom, de la drogue et des excès en tout genre. Si l’amour occupe le thème central de ce livre, c’est avec beaucoup de cynisme et d’inconstance des sentiments qu’il est abordé.

L’amour est une catastrophe magnifique : savoir que l’on fonce dans un mur, et accélérer quand même; courir à sa perte, le sourire aux lèvres; attendre avec curiosité le moment où cela va foirer. L’amour est la seule déception programmée, le seul malheur prévisible dont on redemande.

 

Pour Marc, l’habitude et la monotonie de sa vie de couple avec Anne sont balayées d’un revers de main par une nouvelle conquête : Alice. Déjà mariée, il la désire pour lui tout seul, bien que la posséder enlèverait tout désir de la garder auprès de lui. 

La franchise de ces monologues sont parfois grinçants de justesse et d’authenticité, et c’est ce rythme imposait au lecteur qui le tient en haleine jusqu’à la fin du roman.

C’est aussi le regard honnête d’un homme sur les relations hommes-femmes qui est intéressant de découvrir. Le ton acerbe de l’auteur participant à recouvrir d’un voile pudique la nature profonde de ses sentiments. Au fond, Frédéric Beigbeder s’affiche comme un romantique pessimiste gardant foi en l’Amour avec un grand A malgré ce que le titre “L’amour dure trois ans” laisse suggérer…

La troisième lettre fut la bonne. merci la Poste : le téléphone, le fax ou Internet ne surpasseront jamais en beauté romanesque le bon vieux danger de la liaison épistolaire.

 

•֍•

L’amour dure trois ans est un roman qui s’avale en une soirée. Le cynisme de Frédéric Beigbeder est parfois contagieux mais tellement drôle qu’il devient vite impossible de lâcher ce roman. La franchise des mots, la clarté du regard sur les relations amoureuses et la fugacité des sentiments mêlés à l’alchimie des corps sont une bouffée d’air frais. L’âme des plus romantiques est loin de s’en trouver brisée, je dirais plutôt même galvanisée !

Bref, un petit livre à lire !

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