L'homme idéal existe. Il est Québécois, Diane Ducret
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L’homme idéal existe. Il est Québécois, Diane Ducret

3 novembre 2017

Quatrième de couverture

Bonne nouvelle : l’homme idéal existe !
Il ne parle pas : il jase. Il n’embrasse pas : il frenche.
Il ne se déshabille pas : il se criss à poèlle.
Vous l’aurez deviné : il est Québécois.
Diane Ducret rhabille le mythe du Prince Charmant.
L’homme idéal ? Satisfaite ou remboursée !

Résultats de recherche d'images pour « l'homme idéal existe il est québécois »Titre: L’homme idéal existe. Il est Québécois.
Auteur: Diane Ducret
Parution: Octobre 2015
Maison d’édition: Editions Albin Michel
Pages: 184

 

Avis: ♥♥♥♥(très bonne lecture)

L’homme idéal existe. Il est Québécois, une comédie romantique à “brailler sa vie” !

Je ne pouvais pas passer outre ce petit roman de Diane Ducret. Après deux mois au pays des caribous, L’homme idéal existe. Il est Québécois, s’imposait comme une de mes prochaines lectures !

Dès les premières pages, je me suis retrouvée dans la peau de cette jeune héroïne parisienne fraîchement débarquée au Québec pour une semaine avec son nouveau, potentiel futur, chum.

Ce roman est un savant condensé des expressions québécoises les plus loufoques du point de vue français. Entre les “bleuets” (des myrtilles), le “blé d’Inde”(du maïs), “prendre une brosse” (se bourrer la gueule), “niaiser” (s’amuser, ou dire des bêtises), “capoter” (s’énerver) et autres mythes bien encrés au Québec comme celui de la française poilue (au fait pourquoi cette idée ?), je baigne littéralement dans mes premières semaines passées à Montréal à essayer de déchiffrer ces mots et expressions sans me faire passer pour une imbécile dure de la feuille !

L’homme idéal existe. Il est québécois se révèle aussi comme un catalyseur des relations amoureuses avec crash assuré avant même le décollage. Diane Ducret analyse avec brio et légèreté les difficultés des relations de couple, les incertitudes, les peurs et les doutes qui assaillent l’âme amoureuse…

Le décryptage du “connard invisible” a d’ailleurs été l’un de mes passages favoris car brillant de justesse (ça sent le vécu là, non ?). Je ne résiste donc pas à vous faire partager ce passage qui s’avère préventif (bien qu’il faille l’avoir vécu au moins plusieurs fois pour être vacciner à vie. Quoique…) :

Il applique la technique du connard invisible – malheureusement la plus répandue. Il espace les tête-à-tête, se fait moins pressant. A la surface tout va bien, il est gentil mais il multiplie les excuses pour ne pas nous voir, il a soudain tout un tas d’activité et de copains qu’on ne lui connaissait pas. Les messages deviennent sans saveur, sa main molle dans la nôtre, sa langue tiède. Bref, il ventile mais ne rompt pas. Ce serait trop simple. […] Il a le beau rôle, pas d’engueulades ni de reproches, pas de larmes ni de drames, pas de lampes cassées, dans sa tête c’est déjà fini, il a juste oublié de nous prévenir, et pas envie de rompre son confort. Il bouge en sous-marin, il n’émet qu’en basse fréquence. Mais s’il agit ainsi, ce n’est pas par lâcheté, non, pensez-vous, c’est parce qu’il respecte et estime notre intelligence: il se dit qu’on va finir par comprendre toute seule, comme une grande. […] Le secret de ce connard tient dans la dialectique de l’absence et du manque, qui attise le désir comme rien d’autre au monde. A celle qui est affamée, le moindre morceau de pain sec semble un mets délicieux, pétri pour elle d’amour et d’espoir. Quelques gouttes suffisent à l’assoiffée pour en redemander. A la lumière du jour, on se serait bien vite rendu compte qu’il n’était qu’un feu de paille dont la vie, les réflexions et les rêves étaient bien moins intéressants que sa manière de les vendre. Mais ces vampires de l’amour, on ne les voit que la nuit.

 

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Diane Ducret offre avec L’homme idéal existe. Il est Québécois, un roman plein d’humour et de fraîcheur. Les relations amoureuses ont rarement été décryptées avec autant de franchise et d’honnêteté – le stéréotype n’est pas loin, mais quelle bouffée d’air frais de le lire ! La morale de l’histoire reste inchangée: ne pas attendre de l’autre ce qu’on est incapable de lui offrir soi-même. Cette comédie romantique nous fait passer un moment joyeux et parfois hilarant, encore faut-il comprendre le québécois ! Alors à vos dictionnaires !

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