La liste de mes envies, Grégoire Delacourt
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La liste de mes envies, Grégoire Delacourt

10 novembre 2017

Quatrième de couverture

Jeune fille, Jocelyne rêvait de mode et de prince charmant. Mais la vie est passée par là, et à 47 ans, la mercière d’Arras doit se contenter d’un mari indifférent et d’un blog sur la dentelle. Quand un heureux concours de circonstances lui offre le gros lot du loto, Jocelyne réalise qu’elle a de quoi réaliser tous ses désirs. Grisée par cette perspective, elle décide de prendre son temps avant d’en parler à ses proches et en attendant, fait la liste de tout ce qu’elle pourrait s’offrir, achats utiles ou folies inconsidérées … Elle se méfie de cet argent tombé du ciel, n’aurait-elle finalement pas plus à perdre qu’à gagner ?

Image associéeTitre: La liste de mes envies
Auteur: Grégoire Delacourt
Parution: Février 2012
Maison d’édition: Editions JC Lattès
Pages: 185

 

Avis: ♥♥♥♥♥ (bonne lecture)

 

Argent égal bonheur… pas si sûr avec La Liste de mes envies

Alors que La liste de Rose résonnait encore à la radio comme si c’était hier, c’est La liste de mes envies de Grégoire Delacourt qui était publié dans la foulée chez les Editions JC Lattès Le Masque. J’avais beaucoup entendu parler de La liste de mes envies à l’époque mais n’avais pas franchi le pas. C’est maintenant chose faite.

L’histoire est digne de toutes celles que l’on rêve de vivre… gagner au loto ! Gagnez des millions ! Et pouvoir enfin faire tout ce dont on a toujours rêvé. Oui mais… pour Jocelyne, rien n’est aussi simple.

Vous me direz, qui peut refuser 18 547 301 euros et 28 centimes ? Et bien si Jocelyne a récupéré son chèque à la Française des Jeux, elle ne l’a jamais encaissé. Bien caché dans une chaussure au fond d’un placard, Jocelyne ne souhaite révéler à personne le chèque colossal qu’elle détient.

Pourtant si l’histoire semble faire rêver, je reproche à La Liste de mes Envies d’être un récit caricatural où l’écriture est lisse, plate et stéréotypée. D’abord Jocelyne est mariée depuis 21 ans à Jocelyn (What ?), vit à Arras et travaille dans une mercerie du centre ville à temps partiel, selon ses envies, mais surtout dû au manque d’activité général. Elle tient aussi un blog sur sa passion du tricot et celui-ci fait beaucoup parlé de lui. Quant à son mari, il est ouvrier dans l’usine Häagen-Dazs depuis 1990. Bref, le portrait simple et conventionnel d’une famille ouvrière, peu élevée socialement et qui aspire à autre chose… un écran plat, une Porsche Cayenne, l’intégrale de James Bond en DVD. Rien de bien passionnant en somme. Quoique à y regarder de plus près, Jocelyne ne veut rien de plus.

Après avoir tirer le gros lot, Jocelyne ne veut rien changer à sa vie. Si elle énumère le liste de ses “besoins”, puis celle de ses “envies” sur des feuilles volantes, on comprend bien qu’au-delà du matériel Jocelyne ne rêve que de resserrer les liens autour de sa famille. La peur que sa vie change, que les gens qu’elle aime ne la considère plus de la même manière, que son mode de vie et de penser ne se réinventent, freinent les aspirations de Jocelyne.

Être riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça.

 

La liste de mes envies aborde alors l’alcoolisme et la violence au sein du couple, la perte d’un enfant, les difficultés des relations parents-enfants mais aussi le pardon et l’acceptation de l’autre. Toute cela est abordé de façon très succincte et manque de générosité.

Grégoire Delacourt souligne à travers le personnage simple de Jocelyne que l’on peut se contenter de peu et en être très heureux. Que l’argent, s’il contribue à nos besoins et dans une certaine mesure à se faire plaisir, il n’est pas l’ingrédient essentiel qui permet de vivre heureux. A quoi sert l’argent si l’on est seul, que sa famille s’est disloquée ? A quoi sert l’argent si nos amis ne sont avares que de notre portefeuille ? A quoi sert l’argent lorsqu’on se retrouve seul en rentrant chez soi ou pendant les fêtes de Noël et personne avec qui partager sa vie ?

La liste de mes envies remet alors en perspective ce dont on a réellement besoin et le superficiel, nos aspirations profondes qui souvent ne coûtent pas un sou et les folies démesurés éphémères.

•֍•

La Liste de mes envies est une lecture courte, sans fioriture. Le style d’écriture est franc et direct, ce qui empêche tout ennui mais c’est justement le manque d’élaboration des personnages, des lieux, des sentiments et des aspirations des caractères qui annule toute attachement à ceux là. A vrai dire je suis assez partagée entre l’humilité du personnage qui se protège des “ravages” que l’argent peut causer, ou de son manque d’aspiration dû à son milieu social (vous me direz, un milliardaire qui gagne au loto n’aurait pas vu la différence !). Et c’est peut-être ce manque de grandeur et de rêves de la part de Jocelyne qui donne tout l’aspect stéréotypé du roman.

Qu’en avez-vous pensé ?

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