Maman a tort, Michel Bussi
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Maman a tort, Michel Bussi

7 septembre 2017

Quatrième de couverture

Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant…
Quand Malone, du haut ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire le croit.
Il est le seul… Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car déjà les souvenirs de Malone s’effacent. Ils ne tiennent plus qu’à un fil.
Le compte à rebours a commencé.

Qui est Malone ?

Maman a tortTitre: Maman a tort
Auteur: Michel Bussi
Parution: Mai 2016 (1ère parution : Editions Presses de la Cité, mai 2015)
Maison d’édition: Pocket
Pages: 544

 

Avis: ♥♥♥♥♥ (Déçue par ma lecture)

 

Maman a tort, une quête dans les méandres de la mémoire enfantine

Maman a tort m’a d’abord intriguée par son résumé évoquant la construction de la mémoire de l’enfant, qui a trois ans, peut encore être malléable et oublier ou refouler. Il y a d’ailleurs de très bons passages sur les études menées auprès des enfants par des neurologues et psychothérapeutes relatés par l’intermédiaire du psychologue scolaire Vasile Dragonman. La mémoire restant encore un grand mystère dans l’ensemble.

Le style de Michel Bussi reste efficace. Une écriture souple, haletante. Des chapitres courts qui ne font qu’augmenter le suspense. L’intrigue qui se joue entre deux affaires, celle d’un braquage à Deauville qui a mal tourné, et celle du petit Malone parlant de souvenirs d’une autre vie, laisse deviner le passé tourmenté de l’enfant.

Les bateaux pirates, les fusées, les ogres et les châteaux des souvenirs de Malone côtoient alors la misère d’une banlieue du Havre oubliée après la fermeture des usines et frappée par le chômage et la délinquance. Un portrait social brut et fort sur ces jeunes adultes oubliés de la société qui n’ont d’autres portes de sortie que les conneries.

La fermeture de la plus grande mine de l’ouest de la France, en 1989, n’avait guère eu d’effet sur l’espérance de vie des mineurs devenus chômeurs. Pour eux, c’était trop tard. Ou trop tôt. Ceux qui le pouvaient s’étaient tirés, les autres étaient restés coincés ici.

 

La commande Marianne Augresse, chargée de l’affaire, reste obnubilée par la traque de Tom Soler, l’un des braqueurs que la police a réussi à identifier mais qui ne cesse de leur filer entre les doigts. Tandis que Malone écoute les histoires que son doudou Gouti lui répète chaque soir, pour ne pas oublier. Mais très vite les deux affaires s’entremêlent et s’imbriquent. Aussi, l’obsession de Marianne pour son horloge biologique interfère dans son enquête et offre un parallèle avec le courage que les deux mères qui se disputent Malone feront preuve.

Quelqu’un que l’on aime, que l’on aime vraiment, il faut parfois oser le laisser partir loin. Ou savoir l’attendre longtemps. C’est une vraie preuve d’amour, la seule, peut-être.

 

Dans Maman a tort, Michel Bussi a véritablement joué à emmêler les enfants, à confondre les mères et les fausses-pistes. D’abord persuadé que Amanda est sa véritable mère et que Malone ne fait qu’imaginer cette autre vie, on comprend rapidement que ce dernier n’a rien inventé. Mais alors qui est sa vraie maman ? Les soupçons nous porte alors vers Angélique, mais finalement ma première intuition était la bonne ! Jusqu’au bout, des rebondissements, des virements de situation qui nous incite à continuer la lecture.

Pour autant, je trouve que l’intrigue était un peu prévisible. Et pourquoi échafauder un plan aussi complexe alors qu’une discussion entre mères aimantes et raisonnées aurait pu suffire ? Aussi une question technique mais tout autant essentielle, qui enlève toute crédibilité au roman à mon sens : comment la batterie d’un MP3 caché dans le doudou de Malone peut-elle tenir en charge pendant plusieurs mois ? Cette question a simplement bousillé toute ma lecture de Maman a tort ! Une dernière chose… un effort sur les noms des personnages n’aurait pas été du luxe. Entre Dragonman (Dragonball ??), Piedsdeloup, Augresse et Papy, “l’enfantillage” de l’écriture a selon moi un peu décrédibiliser le thème alors qu’il aurait pu être traité avec plus de sérieux.

•֍•

Finalement, Maman a tort est un roman où faux-semblants, jeux de piste et suspense sont réunis. On ne cesse de s’interroger pour en sortir le faux du vrai. Mais l’histoire présente, selon moi, plusieurs manquements et faiblesses. Je n’ai donc pas été conquise par Maman a tort.

Si vous souhaitez lire un livre de Michel Bussi, je vous conseillerais donc de commencer par Le Temps est assassin qui selon moi offre une meilleure qualité littéraire et une intrigue mieux échafaudée.

Suis-je la seule à ne pas avoir accroché avec Maman a tort ?

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  1. Coucou,
    Ton avis sur cette lecture me laisse un peu réticente face à ce livre qui m’attire depuis tellement de temps. Je compte tout de même le lire afin de me construire mon propre avis, tout en prenant en compte le mien. J’ai aussi envie de le découvrir car j’ai vu qu’un film allait être réalisé à propos de ce roman.
    Bisous 🙂

    1. Je te conseillerais de lire Nymphéas Noires. Je ne l’ai pas lu personnellement mais j’entends beaucoup de bien sur celui-ci, même par ceux qui ne sont pas fan de Michel Bussi 😉 Ce sera sûrement le prochain que je lirai de cet auteur.

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