mange, prie, aime : nouveau choix de vie
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Mange, Prie, Aime : quand un bilan sur ma vie s’impose…

29 mai 2017

Quatrième de couverture

A trente et un ans, Elizabeth possède tout ce qu’une femme peut souhaiter: un mari dévoué, une belle maison, ne carrière prometteuse. Pourtant, elle est rongée par l’angoisse et le doute. Un divorce, une dépression et une liaison désastreuse la laissent encore plus désemparée. elle décide alors de tout plaquer pour partir seule sillonner le monde !
En Italie, elle goûte aux délices de la dolce vita et prend les “douze kilos les plus heureux de sa vie”; en Inde, ashram et rigueur ascétique l’aident à discipliner son esprit, et, en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver cet équilibre qu’on appelle le bonheur…
Qui n’a jamais rêvé de changer de vie ?

Titre: Mange, prie, aime
Auteur: Elizabeth Gilbert
Parution: mai 2009
Maison d’édition: Le Livre de Poche (1ère parution: avril 2008, Calmann-Lévy)
Pages: 512

 

Avis: ♥♥♥♥(très bonne lecture)

 

Mange, prie, aime a tout remis en perspective

N’ayant plus rien à lire sous la main, je m’étais aventurée dans les rangées de la bibliothèque de ma sœur quand Mange, prie, aime m’a fait de l’œil… Le livre d’Elisabeth Gilbert reposait là sur une étagère… Jamais ouvert, il prenait la poussière allongé de tout son long au bord du précipice, prêt à faire le grand saut dans le vide ! Ni une, ni deux j’ai sauté sur l’occasion et ai commencé à parcourir ses pages en format de poche.

A l’époque, je venais tout juste de rentrer chez mes parents après avoir terminé mes études supérieures. Un moment d’incertitude et de vagabondage dans l’âme quand diplômes en poche, on doit s’aventurer sur le chemin de la vie professionnelle alors qu’on a aucune idée de ce que l’on veut réellement faire. Ni d’ailleurs aucune idée de ce que l’on aime réellement faire.

Soyons honnête, même à notre âge nous sommes emportés par les courants de la vie et parfois noyés par la vitesse à laquelle le temps s’en va. On se retourne en se disant qu’on aurait aimé faire ça mais la routine des choses futiles nous emporte et nous n’avons pas le temps de prendre le temps de bien faire les choses qui ont tant d’importance.

C’est donc par pur hasard ou destin que je me suis retrouvée à travailler pour une start-up anglaise. Les débuts semblaient prometteurs mais je me suis vite retrouvée en eaux vaseuses et stagnantes… La faute certainement à un dirigeant trop optimisme et ayant du bagou pour faire miroiter la colonisation de la lune alors qu’on a même pas de vaisseau spatiale pour décoller…

C’est au début de cette nouvelle aventure que j’envisageais avec optimisme mais de façon très terre-à-terre que j’avais alors entrepris la lecture de Mange, Prie, Aime… une vraie révélation sur ce que je ne voulais pas que ma vie devienne.

Pour savoir ce que tu veux, le plus simple est encore de savoir ce que tu ne veux pas.

Comment choisir une vie qu’on aime ?

A 25 ans, je commence à peine à sortir des jupes de ma mère. Je viens de terminer l’université et je dépends encore largement de papa et maman pour m’assumer financièrement.

On m’a fait miroiter qu’avec un bac +5 j’aurai toutes les portes grandes ouvertes, que je ferai ce que je voudrai comme métier, que j’aurai toutes les chances de mon côté pour avoir une belle vie et un salaire qui va avec, que je pourrai économiser assez d’argent pour me payer mes 2 semaines de vacances à la mer et mes deux semaines de vacances au ski, que j’aurai aussi la possibilité de devenir propriétaire avant mes 30 ans et que, t’inquiète, mes futurs enfants auraient une vie encore plus belle que la mienne.

Mais arrivée à la ligne de départ pour le grand voyage de la vie d’adulte, je me rends vite compte que ce discours bien rodé n’est pas celui qui m’attend. Mon CV est semblable à des milliers d’autres et le BAC +5 est tellement commun que les employeurs ne voient pas l’intérêt de me payer à “ma juste valeur” puisque la rareté des master 2 n’est plus. J’ai enchaîné les stages, parfois payés le minimum légal parfois plus. Je n’ai pas trouvé ces expériences aussi exaltantes que je les avais imaginées et je me suis plutôt fait chier qu’autre chose à accomplir des tâches sans grande hauteur, le tout en me demandant à chaque fin de semaine si vraiment j’avais choisi la “bonne orientation”.

Pourtant l’école c’était mon truc. J’adorais apprendre de nouvelles choses et je ne ronchonnais pas pour aller approfondir mes cours d’amphi à la bibliothèque. J’étais toujours la fille a qui on allait demander les cours avant les partiels – et moi, bonne poire, je l’envoyais à une amie qui l’envoyait à une autre, et puis à une autre, et finalement mon cours se retrouvait partager sur la page Facebook de ma promo en moins d’1 heure (sans même un copyright !).

Alors où est le problème ?… Ah bah oui! La vie professionnelle c’est pas l’école.

Travailler c’est plutôt quelque chose de répétitif, à la chaîne et tu enchaînes. Les jours défilent, toujours les mêmes et ton cerveau se ramolli alors que le mien était arrivé tout pleins de fraîcheur et d’envies. Le cul sur une chaise 8h durant, tu tapes frénétiquement sur le clavier d’un ordinateur fumant. Occupée à réaliser des tâches dont je ne ressens ni l’utilité ni la nécessité, ma routine me casse le moral et m’ennuie, obligée de combler des heures de vide par des virées sur le web qui elles aussi m’enfoncent un peu plus et me déprécient.

Alors à la lecture des mots d’Elisabeth Gilbert je ne peux m’empêcher de me dire que si cette routine insupportable m’assaille déjà l’existence alors que je n’ai que 25 ans et à peine un an d’expérience professionnelle, c’est que vraiment il faut changer quelque chose à ma vie sans plus attendre.

Changer de vie, mais la changer comment ?

Je m’interroge sur moi, mes envies, mes rêves. J’essaie ce travail d’introspection que j’ai tant de mal à réaliser. Je parle avec mes proches, demande leurs avis sur tout et sur rien de ce qui se passe dans ma vie. J’analyse chaque possibilités, chaque opportunités.

Le changement le plus net et impératif qui s’impose c’est tout simplement de terminer ce contrat de travail sans intérêt, qui certes sera appréciable sur un CV mais qui ne m’apporte aucune satisfaction personnelle. Mais et après ? Que faire ?

Je me dis que, comme Liz Gilbert, je prendrais bien mes cliques et mes claques pour faire un périple autour du monde pendant 1 an à essayer de comprendre ce que je veux faire de ma vie, à me découvrir, à me connaitre et surtout à voir le monde et à rencontrer de nouveaux visages et cultures mais que financièrement je ne peux pas me le permettre et qu’étant une femme seule, je suis morte de trouille à l’idée de devoir affronter les dangers inévitables qui passeront sur la route de mon hypothétique voyage pour le simple fait d’être une femme.

Alors à ma mesure, je me dis que chaque chose trouve sa place et que je finirais bien par trouver la mienne.

La lecture de Mange, prie, aime m’a inspirée, encouragée, questionnée. Mange, prie, aime a mis en perspective mes envies, mes rêves, mon existence. Mange, prie, aime a insufflé un vent de renouveau dans les décisions à prendre pour mener à bien mes choix de vie. Parce que je ne suis qu’au début de cette vie, je veux la choisir et bien la choisir. Je prendrai donc le temps qu’il faudra pour me trouver et trouver mon bonheur.

Bah oui, vous comprendrez bien qu’à 25 ans, célibataire et sans enfant, en passe de devenir chômeuse et vivant toujours chez mes parents, je ne vois pas l’intérêt de trouver un boulot en CDI seulement pour avoir “la sécurité de l’emploi” comme on dit…

•֍•

Suis-je la seule à m’interroger sur mon existence et le pourquoi de celle-ci ? Est-ce générationnel ou juste légitime, cette envie de trouver le bonheur dans un boulot qui accapare plus de 40 heures de nos semaines ? Ou est-ce tout simplement “un luxe de riches”, une utopie que peu d’élus peuvent réaliser ?

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