La servante écarlate, Margaret Atwood
En Lettres de Papier | Roman & Littérature

La servante écarlate, Margaret Atwood

11 janvier 2018

Quatrième de couverture

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

La Servante écarlate par Atwood

Titre: La servante écarlate
Auteur: Margaret Atwood
Parution: 2017
Maison d’édition: Editions Robert Laffont
Pages: 510

Avis: ♥♥♥♥♥ (avis mitigé)

 

 

J’ai voulu m’aventurer dans la lecture de La servante écarlate de Margaret Atwood car il est le phénomène de l’année 2017. Pas un jour sans voir un article sur ce livre, son auteur ou son adaptation séritielle… Pourtant et malgré toutes les bonnes critiques sur ce roman fictionnel rappelant combien la liberté est fragile, je n’y ai pas trouvé grand chose à me mettre sous la dent…

L’atmosphère de La servante écarlate est plus que sombre, plate et déprimante. Notre héroïne dont on ne connait même pas le vrai nom, se faisant appelée Defred, évolue dans une époque et une société dont on ne sait traître-mot. Sa vie comme celle de millions d’hommes et de femmes a basculé suite à un coup militaire et religieux qui a imposé un système politique patriarcal pur et durles femmes ne sont que des calices recevant la semence nécessaire à la reproduction. Tel un animal en cage, la femme n’a ni le droit de lire, de penser et de travailler; elle n’est ici qu’un outils indispensable à la survie de l’espèce humaine caucasienne.

A chaque page la mort est partout, notre héroïne trouvant dans chaque objet un potentiel outils pouvant contribuer à son hypothétique suicide mais le simple fait de vivre, même sans être maître de son corps et de son âme, lui suffit à espérer un jour meilleur…

Si la présence d’un réseau de résistance “Mayday” est abordé en trame de fond, il n’est pas l’objet central du roman et c’est bien dommage. J’aurai aimé voir une Defred plus combattante ou du moins plus curieuse à propos de ce réseau qui lui a possiblement sauvée la vie (nous ne saurons jamais…).

La servante écarlate a toutefois l’avantage de nous mettre en garde contre ce genre de pouvoir tyrannique. Rappelons que Margaret Atwood a écrit La servante écarlate en 1985 alors qu’elle vivait dans Berlin Ouest, ce qui remet les choses en perspective : faible démographie de l’après-guerre, découverte de la bombe nucléaire, retranchement derrière un mur…

Aujourd’hui encore plus qu’hier nous devrions avoir pris conscience que notre façon de vivre dépend de la tournure des événements politiques, économiques et religieux, et de comment nous et nos dirigeants y réagissons.

•֍•

La servante écarlate m’est apparu fade et sans saveur. C’est certes le ton donné volontairement au roman mais je n’y ai pas décelée le pourquoi d’un tel engouement. Si l’absence de repère temporel permet d’imaginer qu’un tel drame puisse être visionnaire, notamment avec cette phrase “ils ont rejeté la faute sur les fanatiques islamiques, à l’époque” (strick to the point pour un roman écrit en 1985 qu’on lit aujourd’hui…) Margaret Atwood reste beaucoup trop évasive sur la globalité du texte et c’est très frustrant.

Laisser un commentaire