Un appartement à Paris, Musso
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Un appartement à Paris, Guillaume Mussot

6 juillet 2017

Quatrième de couverture

Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.

Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler. A la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des Etats-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.

L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.

Mais pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.

Musso_Un_Appartement_a_Paris.jpgTitre: Un appartement à Paris
Auteur: Guillaume Musso
Parution: mars 2017
Maison d’édition: XO Editions
Pages: 484

 

Avis: ♥♥♥♥♥ (bonne lecture)

 

Une course poursuite contre la montre brute d’humanité

J’avais été déçue par les deux ou trois précédents Musso… Des romans que je considère bâclés, pas assez travaillés et une énigme qui se termine en queue de poisson et une fin décevante face à la ribambelle de péripéties qui nous faisait espérer une fin magistrale… Résultat je n’ai repris goût à lire Guillaume Musso que depuis l’année dernière avec La fille de Brooklyn qui, à mon sens, a repris de la hauteur par rapport aux précédents romans.

Avec Un appartement à Paris, j’ai retrouvé la plume directe, brute de décoffrage et intense de Musso. Madeline et Gaspard nous embarquent dans une course poursuite contre la montre de Paris à New-York en passant par Madrid; ce thriller expéditif qui se déroule sur cinq jours se lit de manière frénétique et addictive.

J’ai particulièrement aimé l’univers artistique que Musso a créé pour son personnage de Sean Lorenz, à croire qu’il a réellement existé, et la description de ses œuvres évoluant du Street Art vers l’art abstrait et contemporain est très réussie. Si la chasse après trois de ses tableaux disparus apparaît comme l’énigme centrale de ce roman, une autre affaire bien plus sordide et tragique accapare l’esprit de Madeline et Gaspard.

Les tags et les lettrages avaient disparu de sa peinture, qui s’organisait à présent autour de blocs de couleurs, de champs monochromes a relief marqué, appliqués au couteau ou à la truelle, oscillant sans cesse entre l’abstraction et le figuratif. Sa palette était peut-être devenue moins vive – davantage pastel ou automnale : sable, ocre, marron, rose poudré -, mais elle était aussi plus subtile.

 

L’enquête se porte alors sur la mort du petit Julian, le fils de Sean Lorenz, assassiné de façon aussi abrupte qu’incompréhensible. La véritable traque d’Un appartement à Paris commence alors.

Sur la trace de la douleur d’une mère, des souvenirs peints d’un père et des écorchures d’un amour aussi passionnel que destructeur, se mêle l’histoire passée d’un groupe d’amis graffeursLes Artificiers, impétueux et intrépides dans ce New-York sauvage et violent des années 1980.

Je m’appelle Pénélope Kurkowski, épouse Lorenz. Si vous êtes une femme, vous m’avez sans doute déjà aperçue, il y a quelques années, sur la couverture de Vogue, de Elle ou de Harper’s Bazaar. Et vous m’avez détestée. Parce que j’étais plus grande, plus mince, plus jeune que vous. Parce que j’avais plus de classe, plus d’argent, plus d’allure. Si vous êtes un homme, vous m’avez peut-être croisée dans la rue et vous vous êtes retourné sur mon passage. Et, quels que soient votre éducation ou le respect qu’en théorie vous affirmez porter aux femmes, dans le secret de votre cerveau de sale type, vous avez pensé quelque chose allant de “Elle est trop bonne” à “Putain, je me la taperais bien celle-là”.

 

Un appartement à Paris signe le retour de Madeline Greene…

Dans Un appartement à Paris, on découvre aussi toute la complexité des personnages de Musso dont le caractère hostile et défiant cache une âme souvent meurtrie par les épreuves de la vie. Le caractère cynique et méprisant de Gaspard s’oppose et s’accorde à la fois parfaitement au cœur à vif de Madeline et à sa volonté de continuer la bataille. Avec ces deux personnages hauts en couleurs, humains et sincères, le récit oscille entre ombre et lumière, entre désillusion et espoir.

Comme Karen avait sous contrat une vingtaine d’écrivains, de dramaturges et de scénaristes, Gaspard avait redouté d’y croiser un de ses pseudo-collègues et de devoir se fendre de cinq minutes de bavardages et de civilités. “La solitude a deux avantages: d’abord d’être avec soi-même, ensuite de n’être pas avec les autres.”

 

Madeline Greene est d’ailleurs l’un des personnages d’un précédent volet de Musso, L’appel de l’Ange paru en 2011. Cette flic londonienne qu’on avait laissé en charmante compagnie avec le chef étoilé Jonathan Lempereur est loin de mener la belle vie qu’on espérait pour elle… C’est bien la première fois que Musso donne une suite à la vie d’un personnage, et c’est très satisfaisant !

•֍•

Finalement Un appartement à Paris colle parfaitement au style de Musso. Pas de surprise, une énième énigme semblable aux précédentes, mais un travail d’écriture et de recherches réels pour créer une atmosphère vivante et décapante d’humanité !

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