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PVT Canada : Entre rêve & réalité

22 novembre 2017

Pour débuter une expérience de longue durée au Canada, le PVT s’impose comme le visa par excellence chez les jeunes de 18 à 35 ans. Pour certains c’est le point de départ pour un grand périple sac sur le dos à travers l’immensité des paysages canadiens, pour d’autres il représente le sésame pour décrocher un job de rêve et débuter une nouvelle vie Outre Atlantique.

Pour tout connaître des démarches pour obtenir un PVT, cliquez ici.

Personnellement, mes espérances se trouvent dans la deuxième catégorie des PVTistes. J’ai fait les démarches de mon PVT en ayant en tête que le Canada offrait des opportunités de carrière à qui voulait bien se donner un peu de peine… Le rêve américain canadien !

En parcourant tous les sites sur les expériences à l’étranger alimentées d’encouragements et d’espoir d’y trouver un eldorado surtout face à l’importance qu’aujourd’hui les recruteurs accordent à notre indépendance et notre autonomie dans un environnement international, je ne pouvais qu’imaginer que je décrocherai au bout de quelques semaines le job idéal correspondant à mon profil et à mes attentes…

Sur tous les sites, on vous explique que “Le Canada a besoin de vous”, que le Canada a besoin d’immigrés, notamment d’immigrés qualifiés (bah oui, on ne va pas vous donnez un droit à toutes les aides sociales dès votre arrivée; ils ne sont pas dingues non plus !) car ce sont eux qui permettent de soutenir la démographie d’un pays vieillissant.

Défaire le mythe de l’Eldorado Canadien

Résultat après trois mois sur le territoire québécois, confortablement installée dans une petite colocation du quartier de Villeray à Montréal, à envoyer des dizaines et des dizaines de CV et lettre de présentation, pratiquement aucun résultat. Point à la ligne.

Et oui, mettons les choses au clair : LE CANADA N’A PAS BESOIN DE NOUS !

Çà y est, c’est dit ! Ouf, je me sens soulagée ! C’est nous qui avons besoin du Canada. Nous qui avons décidé de quitter la France à raison de son atmosphère négative, de son stress quotidien et que sais-je encore; c’est nous qui avons besoin de nous adaptez aux critères du pays, à sa culture, à son mode de vie et de penser. C’est nous qui avons besoin de refaire tout notre réseau d’amis et de collègues pour vivre une vie avec un minimum d’interaction sociale; c’est nous qui avons besoin de conseils sur comment résister à l’hiver canadien sans perdre nos doigts de pieds gelés par le froid…

Le fait que mes recherches d’emploi ait été plutôt plates peut s’expliquer en deux points.

  • Premièrement : L’envoie de CV au Canada ne fonctionne pas vraiment… Ici le réseau compte beaucoup plus que n’importe quel candidature en ligne. En réalité, il y a d’ailleurs peu d’offres d’emploi sur les sites internet ou sur les sites des entreprises (en tout cas pour mon secteur). Et ce parce qu’il existe un marché de l’emploi caché considérable !

  • Deuxièmement : Le Permis Vacances Travail. Ce cher PVT qu’on nous vend comme LA clé à une réussite professionnelle au Canada en toute légalité s’avère plus encombrant qu’il n’y parait. Rien qu’à voir notre CV affichant fièrement le nom d’universités ou écoles françaises, le recruteur se doute bien que nous possédons un PVT de deux ans et nous fera passer notre tour… C’est comme ça. Priorité nationale (que je peux comprendre bien que s’ils m’ont délivrée un permis de travail ce n’est pas pour rien non plus !) ou peur d’engager quelqu’un qui leur file entre les doigts au bout de quelques mois pour voyager (mais pensez-vous à ceux qui veulent s’installer sur le long terme, chers recruteurs ?). Evidemment ce n’est pas une généralité et encore heureux ! Mais ce ressentiment peut vite prendre le dessus si l’on ne s’adapte pas…

 

S’adapter ou rentrer…

Le PVTiste arrive toujours avec une idée en tête, un objectif au moins. Débarquant avec pleins de projets, de rêves et d’ambitions, le PVTiste comprend rapidement que rien ne se passera comme il l’avait imaginé. Non, le Canada n’est pas un eldorado et la recherche d’un emploi prend du temps. En moyenne autour de moi, cela prend environ 6 mois pour travailler dans son secteur.

Oh non, ne vous inquiétez pas, du travail il y en a ! Serveur, vendeur, hôte d’accueil… tous ces petits jobs vous les enchaînerez avant de trouver votre perle rare. Bien qu’il existe des exceptions qui décrochent le gros lot en une semaine, et forte heureusement pour eux !

Par conséquent, le PVTiste doit s’adapter ! Il n’a pas le choix. Ou bien si, mais cela équivaudrait certainement à un billet simple vers la France. Ce qui serait bien dommage après tous ces préparatifs et ces rêves un peu chamboulés.

L’adaptation professionnelle à la Canadienne se conjugue autour de trois actions:

  • Une utilisation plus que fréquente de votre compte LinkedIn, une mise à jour complète et détaillée de votre profil ainsi qu’une invasion massive dans le réseau de personnes qui potentiellement (ou pas d’ailleurs, et c’est très important) pourrait être susceptibles de vous aider dans votre recherche d’emploi. Ne pas hésiter à entrer en contact avec de potentiel recruteurs lorsque vous voyez une offre qui vous intéresse.

  • Une participation plus que régulière aux “soirées réseautage”. Ces petits 5@7, genre d’afterwork hyper décontracté, qui vous permettent de rencontrer du monde très facilement, d’échanger et de présenter vos aspirations. C’est aussi un bon entrainement pour les personnes timides comme moi afin de se sentir plus à l’aise en public et aborder des inconnus. Aussi, une idée soumise lors d’un de mes entretiens : imprimez-vous des cartes de visites (oui, oui, ça choque un peu notre culture française mais ici c’est très courant et tout à fait normal) cela permet aux autres de se souvenir de votre nom et puis évidemment d’entretenir la relation autour d’un café ou via LinkedIn par la suite.

  • Participer à des activités quelles soient sportives, artistiques ou bénévoles. Chaque endroit est une chance de plus pour rencontrer du monde et échanger. Ne surtout pas rester cloîtrer chez soi si l’on veut se sentir heureux au Canada.

D’ailleurs pour ceux qui sont intéressés à ce sujet et veulent réussir leur intégration au Québec, l’organisme La Citim propose un stage vraiment tip top d’une semaine pour apprendre les codes et la culture du travail québécoise.

•֍•

Ne vous attendez pas à ce que le Canada vous ouvre les bras. Ce n’est pas l’eldorado que tous les médias français se bornent à véhiculer. Le Canada vous demandera de faire des efforts considérables, d’être tenace et actif. On ne s’en rend pas forcément compte de notre point de vue français, mais ce genre d’adaptation fait toute la différence. Le Québec est une nation ouverte d’esprit où l’échange et le partage sont légions. Ici, le réseautage n’est pas équivalent à du favoritisme ou une relation égoïste et intéressée, car elle est mutuelle. Chacun tire avantage des rencontres qu’il fait.

En une phrase : l’aventure PVTiste, c’est sortir de sa zone de confort.

Quant à moi, j’ai déjà commencé à mettre en pratique toutes ces recommandations et vous ferai part de mes avancées professionnelles dans mes prochains articles 😉

N’hésitez pas à partager votre expérience PVTiste ou d’immigrés au Canada ou ailleurs en commentaire, cela me ferait plaisir d’échanger avec vous et de partager des bons conseils !

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